On parle souvent du psoas comme d’un simple muscle profond, essentiel à la posture ou à la mobilité du bassin. Mais il est bien plus que cela. Le psoas est aussi un véritable capteur émotionnel, un muscle du stress, voire, pour certains thérapeutes, un lieu de mémoire corporelle. Si vous avez des tensions dans cette zone, il est peut-être temps de vous demander : qu’est-ce que je retiens en moi ?
Le psoas, ce muscle discret mais essentiel
Le psoas (ou iliopsoas) est un muscle puissant, situé profondément dans la cavité abdominale. Il relie le bas de la colonne vertébrale à l’intérieur des cuisses. En clair, c’est lui qui vous permet de marcher, de courir, de vous pencher ou de lever la jambe.
Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il est aussi étroitement connecté au système nerveux autonome. Le psoas réagit à l’adrénaline, au stress, au danger. Il se contracte en mode « alerte », comme s’il se préparait à fuir ou se figer. Et quand le stress devient chronique, cette contraction… devient un état permanent.
C’est pour cela que le psoas est parfois surnommé « le muscle de l’âme ».
Ce que le psoas absorbe… et ne libère pas
Si votre psoas est tendu, douloureux, voire douloureusement raccourci, cela peut être le signe que vous avez emmagasiné des émotions que vous n’avez jamais relâchées.
Parmi les émotions souvent stockées dans le psoas :
-
La peur ancienne ou chronique
-
L’insécurité émotionnelle (manque de confiance, environnement instable)
-
Le sentiment de ne pas être “en sécurité dans son corps”
-
L’anxiété récurrente
-
Le besoin de contrôle
Et parfois, cette tension profonde ne se manifeste pas uniquement par des douleurs dans les hanches ou le bas du dos. Elle peut aussi être associée à des troubles digestifs, de l’essoufflement ou même un blocage psychologique dans l’élan d’avancer, comme on le retrouve aussi dans certains cas de cruralgie émotionnelle.
Vous sentez-vous coincé(e) ?
Un psoas crispé peut traduire une sensation d’être figé(e) dans sa vie. Vous savez que quelque chose doit bouger, mais vous n’y arrivez pas. Vous avancez… en forçant. Vous n’écoutez plus les signaux que votre corps vous envoie, et lui, pour se faire entendre, vous offre une tension persistante, difficile à ignorer.
Le psoas est aussi lié à l’ancrage. Quand on ne se sent pas en sécurité intérieure, ce muscle se contracte pour se « protéger ». Ce mécanisme est sain, à court terme. Mais à long terme, il finit par vous couper de vos ressentis profonds.
C’est exactement ce que votre corps cherche à signaler à travers cette douleur sourde et logée au cœur du bassin.
Comment relâcher ce muscle… et ce qu’il retient
Le relâchement du psoas ne se fait pas à travers des étirements classiques ou des postures de force. Ce muscle a besoin de douceur, de conscience, et surtout de temps. Pour y parvenir, voici quelques pistes efficaces :
1. Pratiquer une respiration abdominale profonde
Le psoas étant connecté au diaphragme, chaque inspiration ample et lente peut l’aider à se détendre. Essayez de respirer allongé(e), avec les genoux pliés, en portant toute votre attention sur le souffle qui descend jusque dans le bas-ventre.
2. Explorer des mouvements lents
Des pratiques comme le yoga doux ou le yin yoga favorisent un relâchement profond. Certaines positions, tenues plusieurs minutes, permettent au psoas de “se déposer”. Si vous débutez, ce guide sur les postures de base du yoga peut être une excellente porte d’entrée.
3. Apaiser l’émotionnel
Si la tension persiste malgré tout, il est essentiel de considérer une approche plus globale. Des techniques comme l’hypnose thérapeutique ou l’auto-hypnose peuvent aider à libérer ce que le corps retient. Dans bien des cas, c’est une émotion bloquée qui empêche le relâchement.
Un muscle messager, pas un ennemi
La douleur ou la tension dans le psoas n’est pas une fatalité. Elle est souvent un appel à rééquilibrer votre rapport au corps, à l’émotion, à votre rythme de vie. Ce muscle vous murmure peut-être que vous avez besoin de ralentir, de respirer autrement, de sortir d’un schéma de contrôle permanent.
Il est aussi possible que vous ayez simplement besoin de retrouver un sentiment de sécurité intérieure. De cesser de courir après la performance. De poser les armes. D’apprendre à vous détendre… en profondeur.
Et c’est souvent dans ce moment-là, celui où vous vous autorisez à ne plus lutter, que le psoas se libère, doucement mais durablement.

